Organiser un événement d’envergure au Maroc dédier au fidèle compagnon de l’Homme, comme le Salon du cheval d’El Jadida, n’est pas le fruit du hasard, le Royaume disposant d’un profond héritage équin qui est le fruit de siècles et de siècles de brassage.
Situé à la croisée des civilisations grâce à sa position stratégique, le Maroc a, des siècles durant, été un espace de rencontre et de croisement pour les Hommes, mais aussi pour sa monture de paix et de guerre, ce qui a fait du Royaume une terre de Cheval par excellence.
Accompagnant les multiples mouvements humains, le cheval, qui jouit d’une admiration particulière de la part des Marocains, s’est ainsi intégré dans leur vie quotidienne au point de s’enraciner dans leur culture et histoire.
Cette merveilleuse rencontre a conduit, aujourd’hui, à la constitution d’un impressionnant patrimoine génétique de chevaux qui caractérisent le Royaume, avec cinq principales races dont le développement à accompagner les différentes mutations historiques qu’a connue cette terre. Il s’agit du Barbe, Pur-Sang Arabe, l’Arabe-Barbe, le Pur-Sang Anglais et l’Anglo-arabe.
Le Barbe, dont l’apparition remonte à plus de 3.000 ans, est considéré parmi la plus ancienne race et c’est à dos de ces chevaux que les conquêtes musulmanes ont été réalisées, au 8ème siècle.
L’Afrique du nord est le berceau de la race, comme en témoignent de nombreuses peintures rupestres, des découvertes archéologiques et des mosaïques. Cette race a été à l’origine de la création de plusieurs races, notamment le Pur-Sang Anglais, le cheval espagnol ou ibérique et le quarter horse américain.
Sur le plan morphologique, le Barbe a une taille moyenne, sa tête est forte et chargée aux ganaches. Son front large et souvent bombé et son profil convexe ou droit.
Docile et rustique, le Barbe a été élevé depuis l’antiquité pour le travail, la chasse, la guerre et la parade. C’est également un remarquable cheval de selle, d’endurance et de loisirs.
Le Maroc est également connu par le Pur-Sang arabe. Rapide, maniable, résistant et courageux, il est considéré comme le plus beau des équidés. Il séduit par sa grâce et la noblesse de son maintien.
Originaire de l’Arabie centrale, le cheval Arabe est considéré comme le seul véritable Pur Sang. Il est le créateur et l’améliorateur de presque toutes les races. Selon la Société royale d’encouragement du cheval (SOREC), plus de 700 Purs-sangs arabes participent aux courses hippiques marocaines.
L’Arabe est un cheval d’une grande beauté, avec de grandes qualités. Il est vigoureux, élégant et fier. Le profil concave et le port haut de la queue associés à un charisme indiscutable sont les principales caractéristiques de cette race.
La cohabitation du Barbe et de l’Arabe a conduit à un croisement qui a donné naissance au cheval Arabe-Barbe. Cette race est connue pour sa robustesse, sa hauteur et sa rapidité sur les courtes distances. C’est le cheval le plus convoité par les cavaliers de Tbourida.
Des chevaux plus élégants
Le croisement entre l’Arabe et le Barbe a été réalisé pour obtenir des chevaux plus élégants : L’Arabe-Barbe est un très bon cheval de selle et de sport. Il conjugue les qualités de l’Arabe (finesse, harmonie et endurance) et celles du Barbe (rusticité et membrure forte).
Cette race, qui constitue l’essentiel de la population équine marocaine, est apte à des utilisations telles la Tbourida et les sports équestres modernes.
Le Pur-Sang Anglais, lui, a été introduit au Maroc au début du 20è siècle par les Français. Rapide et léger, le Pur-Sang Anglais, cheval de course par excellence, est imbattable sur les courtes et moyennes distances.
Il y a également l’Anglo-Arabe, qui est une race internationale créée il y a plus d’un siècle en Europe, particulièrement en France. Cheval de selle, il est issu du croisement de deux races pures : le Pur-Sang Arabe et le Pur-Sang Anglais.
Presque aussi grand et affiné que le Pur-sang Anglais, l’Anglo-Arabe est un cheval longiligne. C’est un cheval polyvalent présentant des aptitudes aussi bien pour les courses que pour les sports équestres et le dressage. Au Maroc, cette race a vu le jour au début des années 1990, selon un document de la SOREC.
Afin de développer cet héritage, plusieurs institutions ont vu le jour, comme la SOREC, créée en 2003. Cette entreprise publique sous tutelle du ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritime, a pour principales missions l’encadrement de l’élevage et l’amélioration de la race chevaline, dans les haras nationaux, l’organisation des courses hippiques, dans les hippodromes, la gestion des jeux hippiques et la réalisation et l’exploitation des infrastructures hippiques.
Grâce à son action et sa rigueur, la SOREC est devenue l’acteur principal de la filière équine, avec des interventions qui se répartissent tout le long des étapes de vie du cheval, de la naissance à l’utilisation.
De son côté, la Fédération royale marocaine des sports équestres (FRMSE) œuvre pour le développement et la promotion des sports équestres dans le Royaume ainsi que sur la scène internationale. Parmi ses actions, se trouvent l’organisation des stages de formation pour les jeunes cavaliers, la participation, sur les plans technique et administratif, à l’organisation et au déroulement des compétitions nationales et internationales, qui sont en moyenne 60 concours nationaux de dressage et de saut d’obstacles par an, ainsi que des concours internationaux de jumping et d’endurance et des compétition de Tbourida.
Actuellement, la FRMSE compte 40 clubs affiliés et 16.985 chevaux, dont 15.100 chevaux de Tbourida, qui jouit d’un grand intérêt. En effet, plus de 15 concours éliminatoires de Tbourida sont organisés par an avec une moyenne de 400 cavaliers par concours, selon la FRMSE. Cette année est marquée par l’organisation, pour la première fois, du Grand Prix de SM le Roi Mohammed VI de Tbourida, dans le cadre du Salon du cheval d’El Jadida (11 au 16 octobre).
