Le Grand Prix de S.M. le Roi Mohammed VI de tbourida réunit 15 sorbas représentant les différentes régions du Maroc.
Les concours de tbourida, art équestre ancestral du Maroc, ont volé la vedette cette année au Salon du cheval d’El Jadida. Chaque après-midi vers 15h, les visiteurs et exposants, notamment étrangers, se précipitent à l’espace tbourida pour admirer le talent des différentes sorbas. Les habitués de cet art traditionnel savent admirer la cohérence entre cavaliers et la précision des «Moqadem». «Je viens chaque année à cette grande messe des sorbas marocaines. Je refuse de rater le son des pas de chevaux, des fusils et l’odeur du baroud (poudre)», nous confie Mohamed, un passionné de tbourida.
Un peu plus loin, toujours sur les estrades de l’espace tbourida, un vieillard crie de joie ou de colère à chaque «talqa» (son de fusil). Le vieux Jdidi saute de joie et danse avec fierté pour encourager les talentueuses sorbas. Mais il ne peut pas cacher sa colère quand l’un des cavaliers n’arrive pas à suivre les autres. «Le son de la talqa est sacré en tbourida. Il nous permet de détecter si la sorba est unie et bien entrainée et si le Moqadem gère bien son équipe. Les amateurs de tbourida ne peuvent pas rater une bonne talqa. C’est pour cela qu’on suit chaque spectacle jusqu’à la fin», explique un autre Jdidi rencontré à l’espace tbourida du parc d’exposition Mohammed VI.
En effet, l’art de la tbourida comporte un ensemble de détails que seuls les connaisseurs savent détecter. La voix sévère du Moqadem dirigeant ses cavaliers, l’avancement majestueux des chevaux, leur attelage, la chevauchée de la sorba… tous ces détails comptent dans un bon spectacle de tbourida. Pour encourager les cavaliers, le public lance des applaudissements, youyous et acclamations. Il faut dire que la réaction du public est très importante dans cet art purement marocain.
Pour leur part, les dirigeants des sorbas refusent de décevoir leurs fans. C’est le cas d’un jeune Moqadem qui a refusé, lors du spectacle du 11 octobre, de se faire aider ou de descendre de son cheval, après une mauvaise manipulation du fusil. Pour lui, c’est un signe de faiblesse. Le jeune cavalier a choisi de terminer la compétition avec le fusil dans la main gauche. Durant cette 9e édition du Salon du cheval, les 15 troupes de cavaliers représentant différentes régions du Maroc concourent pour présenter le meilleur de leurs performances. Ils sont venus de Casablanca-Settat, Marrakech-Safi, Souss-Massa, Guelmim-Oued Noun, Laâyoune-Sakia Lhamra, Dakhla-Oued Eddahab, Tanger-Tétouan-Al Hoceima, l’Oriental, Fès-Meknès, Rabat-Salé-Kénitra et Béni Mellal-Khénifra. Leur objectif est de gratifier le public de spectacles inédits mais aussi de remporter le Grand Prix de S.M. le Roi Mohammed VI de tbourida. Selon les résultats des deux premières épreuves de cette compétition, la sorba de Casablanca-Settat dirigée par le Moqadem Harith Abdellah est en tête de liste. Elle est suivie par la sorba de Khénifra-Beni Mellal. Rappelons que les épreuves se poursuivront jusqu’au samedi 15 octobre.
Autres concours de tbourida
La Société royale d’encouragement du cheval (SOREC) œuvre à la préservation et au rayonnement de la tbourida, et à la mise en valeur des chevaux Barbe et Arabe-Barbe, particulièrement doués dans cette discipline. La SOREC organise ainsi plus de 20 concours par an qui font participer 340 sorbas, soit 6.000 cavaliers et 6.000 chevaux. Les concours de tbourida se déroulent en 3 étapes. La première étape consiste à sélectionner les meilleures troupes par région. La seconde permet de déterminer les troupes qualifiées à l’étape interrégionale. Enfin, celles ayant obtenu les meilleurs scores prennent part au trophée Hassan II à Dar Salam à Rabat.

