Abdelmajid Nejdi –
La commune rurale de Zaouïat Lekouassem relevant de la province d’El Jadida a abrité, du 25 au 27 novembre, la quatrième édition du Festival de la fauconnerie «Itkane Assakkara».
L’Association provinciale des affaires culturelles d’El Jadida a organisé, du 25 au 27 novembre, la quatrième édition du Festival de la fauconnerie «Itkane Assakkara», dans la commune rurale de Zaouiat Lekouassem, l’un des derniers bastions de la fauconnerie du pays. L’événement s’est tenu sous l’égide de la province d’El Jadida, en collaboration avec l’Association des fauconniers Lekouassem d’Oulad Frej, la commune rurale Zaouïat Lekouassem et la Direction régionale de la culture.
Cette manifestation culturelle exceptionnelle, organisée autour du thème «La fauconnerie : tradition ancestrale et patrimoine universel», coïncidait avec le sixième anniversaire du classement de la fauconnerie sur la liste représentative de l’Unesco en tant que patrimoine humain vivant. Elle s’articulait autour de deux principaux objectifs. D’une part, elle rendait hommage aux anciens fauconniers Lekouassem qui ont su conserver les traces d’un héritage séculaire. De l’autre, elle matérialisait le couronnement des efforts conjugués dont ont fait preuve tous ces soldats de l’ombre qui ont repris le flambeau afin de perpétuer cette tradition ancestrale qu’on croyait à jamais perdue.
Les organisateurs ont tenu à donner à ce Festival une ampleur internationale en y associant des fauconniers issus d’Afrique, d’Europe et des pays du Golfe, aux côtés des fauconniers Lekouassem d’Ouled Frej. L’idée d’organiser un Festival de la fauconnerie pour donner une nouvelle dynamique à cette tradition ancestrale est signée Mouâad El Jamaï, gouverneur de la province d’El Jadida. En veillant à l’organisation de cette quatrième édition, les initiateurs de l’événement ne se sont pas limités à la production du spectacle. Ils se sont bel et bien impliqués dans la réécriture d’une ancienne et belle histoire.
Celle d’un patrimoine que les nouvelles générations doivent comprendre et d’un fabuleux épisode de notre civilisation que la tribu des Chorfa Lekouassem a su préserver malgré tous les aléas et le risque d’oubli. Cet évènement, qui a été présidé par le wali de la région de Casablanca-Settat, Khalid Safir, a été rehaussé par la présence du poète et écrivain Hassan Nejmi et le professeur Abdelouahed Mabrour, responsable de la formation doctorale «Représentations (inter)culturelles : langue, littérature et art». Ainsi, outres les spectacles de chasse au faucon, rythmés par la musique traditionnelle marocaine, plusieurs autres activités ont pris place pendant les trois jours de l’événement, toutes célébrant le faucon, en plus d’expositions de fauconnerie, de deux compétitions artistiques de jeunes plasticiens débutants et de plasticiens confirmés autour du thème du faucon, une compétition d’œuvres photographiques autour du même thème, en plus de spectacles de fantasia et d’une course de sloughis. Le chercheur en patrimoine populaire doukkali, Driss Lamrabet, a déclaré que «la fauconnerie constitue une part majeure du patrimoine culturel des Chorfa Lekouassem.
Elle est profondément enracinée dans la tribu et transmise de génération en génération. Le quatrième Festival de la fauconnerie est une manière d’honorer les valeurs de loyauté, de courage et de persévérance. Il est aussi un évènement capital pour Lekouassem, en particulier, et pour le Maroc en général. C’est aussi une grande occasion de mettre en valeur le patrimoine culturel et les arts populaires doukkalis». Pour sa part, Mohammed El Ghazouani, président de l’Association des fauconniers Lekouassems d’Ouled Frej, a souligné que «la fauconnerie dans les Doukkala est le socle d’un patrimoine culturel plus large, qui inclut des costumes traditionnels, des chants, de la musique, de la poésie et des danses. Pour cette édition, un grand nombre de fauconniers venus des Émirats arabes unis et du Qatar ont pris part à l’événement, car nous avons voulu que le Festival de cette année soit une occasion de promouvoir le dialogue et d’élaborer une compréhension mutuelle des cultures des fauconniers arabes, grâce à l’amour partagé pour la fauconnerie».

